Archives 2014:

Mai 2014: Poulain faible à la naissance


Poulain malajusté à la naissance galopant dans son pré quelques mois plus tard.

La période néonatale est une période critique pour le poulain. Il doit s'adapter à un nouvel environnement, apprendre à respirer, se lever, tétéer, et tout cela dans un très court laps de temps. Parfois, il arrive que tout ne tourne pas rond. C'est ce qui s'est passé pour SID, poulain Paint-Horse, né cette année. Il n'a pas été capable de prendre son colostrum dans les quelques heures suivant sa naissance. Il souffrait de MALAJUSTEMENT NÉONATAL secondaire à une asphyxie périnatale, le poulain manque d'air à la naissance. Cela se traduit par un comportement anormal du poulain (plus calme, ne trouve pas les mamelles, cherche les mamelles entre les antérieurs, peu d'interaction avec la jument,...) qui peut évoluer vers de la faiblesse (poulain tout le temps debout, incapable de se coucher ou de se lever) voir un état de dépression intense (poulain à terre qui réagit peu à son environnement,...). Il suffit de quelques heures pour passer de l'un à l'autre. Une intervention précoce du vétérinaire permet de contrôler le transfert d'immunité du poulain (dosage des anticorps pour voir s'il a bien bu son colostrum) et de mettre en place les traitements nécessaires à sa survie (fluidothérapie, plasma, antibiotiques si nécessaire, anti-convulsivants, etc). Pour SID, le dévouement de ses propriétaires et un traitement approprié lui ont permis de passer à travers ces mauvais moments. C'est maintenant un beau poulain plein de vie.


Avril 2014: Pneumonie chez une jument atteinte du syndrome de Cushing


Consolidation pulmonaire chez un cheval atteint du syndrome de Cushing et souffrant d'une pneumonie sévère.

La maladie de Cushing (voir fiche technique) est une maladie neurodégénérative caractérisée par un excès de production d'ACTH endogène qui intervient  notamment dans la régulation du cortisol, l'hormone de stress. Les chevaux atteints de Cushing sont plus sensibles aux infections dites "opportunistes" (abcès de pieds, dermatites, etc). Parfois malheureusement, les infections sont plus graves et atteignent des organes importants comme les poumons. Les signes cliniques peuvent être trompeurs chez ces patients car, à cause de leur cushing, les manifestations classiques de maladies infectieuses (fièvre, réaction inflammatoire, augmentation du fibrinogène, des protéines totales, etc) ne sont pas toujours présentent. Ainsi, une pneumonie très sévère peut passer pour une simple crise de RAO (emphysème, souffle,...). Dans le cas décrit ici, l'échographie a permis de faire la différence entre les 2 pathologies et de mettre le cheval sous traitement antibiotique de longue durée.


Mars 2014: Le syndrome métabolique équin et la fourbure


 Dépôt de graisse en-dessous de la crinière caractéristique des chevaux souffrant du syndrome métabolique équin

Le beau temps revient et avec lui la mise en prairie des chevaux. Pour la plupart d'entre eux, ce nouveau régime leur conviendra parfaitement. Par contre pour les chevaux souffrant du syndrome métabolique équin, la mise au vert peut provoquer de nombreux soucis dont la très redoutée fourbure. Le syndrome métabolique équin ou EMS est une maladie endocrinienne du cheval qui se rapproche du diabète de type II chez l'homme. Les chevaux atteints d'EMS ont généralement un excès de poids et des dépôts graisseux à différents endroits spécifiques comme l'encolure, la croupe, autour de la queue, derrière l'épaule et autour de la mamelle ou du foureau). Afin de diminuer les risques de fourbure il est conseillé de diminuer la quantité d'hydrate de carbone (sucre) dans leur alimentation et bien sur de faire leur perdre du poids. Il est essentiel de réduire l'apport calorique de ces chevaux et de leur imposer un exercice physique régulier afin de leur faire perdre du poids. Limiter voir supprimer l'herbe du régime de ces chevaux permet d'éviter bien des soucis. Alors même si l'envie est grande de faire profiter votre compagnon de sa luxuriant prairie, Restez prudent tant que son poids n'est pas revenu dans des limites acceptables. Une fiche plus complète sur l'EMS suivra prochainement.


Février 2014: Écoulement nasal unilatéral chez le cheval


 

Un écoulement provenant d'une seule narine peut provenir de plusieurs structures de la tête. Une endoscopie permet de voir d'où il provient et de décider du meilleur traitement à mettre en place

Le jetage nasal (nez qui coule) est très fréquent chez le cheval. La plupart du temps, il est secondaire à un petit passage viral et ne protera pas à conséquence. Il peut aussi venir des voies respiratoires profondes comme c'est le cas des chevaux souffrant de RAO (voir fiche technique) ou des chevaux atteints de pneumonies. Si, par contre, le jetage apparait toujours à la même narine le problème provient des voies respiratoires supérieures.

Une endoscopie des voies respratoires supérieures permet d'aller observer l'ouverture des sinus, l'ethmoïde, les cavités nasales et les poches gutturales.

L'endoscopie présentée ci-dessous montre une diminution de l'espace dans la cavité nasale. C'est fréquemment observé lorsqu'une "masse" pousse les structures vers le bas. Les hypothèses diagnostiques sont multiples (kyste sinusal, hématome de l'ethmoïde, tumeur, sinusite chronique).